Convegno di Parigi 2005
Dott Simon-Pierre Mallong
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RESUME
156 patients ont bénéficié d’un bilan postural de juin 2004 à septembre 2005 dans le cadre de consultations d’ostéopathie et de médecine manuelle au cours de mon activité pour des douleurs rachidiennes récidivantes. L’étude qui suit a pour but d’évaluer la douleur dans ses spécificités ainsi que son retentissement chez ces patients pour lesquels une RPG a été mise en route.
METHODE ET MOYENS :
Tous les patients chez qui une RPG a été indiquée, répondent au cours de chaque consultation programmée le long de leur suivi à un questionnaire d’évaluation de la douleur. Ce questionnaire comporte une échelle discontinue type EVA cotant de 0 à 10 l’intensité croissante de la douleur. Les patients sont évalués lors de la consultation initiale, puis les 2e, 4e, 7e, 10e mois, ainsi que lors du 3e mois du sevrage théorique des semelles.
Ce questionnaire dérivant de celui du CIES* permet de recueillir ainsi les données concernant le retentissement de la douleur (intensité des plaintes, arrêt du sport ou des activités, alitement, prise de médicaments et épisodes de blocage), d’autres variables telles que l’âge, le sexe, la CSP, le poids sont aussi étudiées.

Au cours de chaque séance, un examen clinique ostéopathique et postural est effectué.
Les critères de normalité posturale retenus sont ceux du CIES*.
SHAPE \* MERGEFORMAT SHAPE \* MERGEFORMAT
(Dr Bricot)*
SHAPE \* MERGEFORMAT SHAPE \* MERGEFORMAT INCLUDEPICTURE "http://www.sofmmoo.com/publications/publications_mv/thorax/cardin_ddl/dd-4.jpg" \* MERGEFORMATINET
(Dr Bricot)*
Les entrées posturales sont corrigées par les semelles de reprogrammation au niveau du capteur podal. Une prise en charge orthodontique, la rééducation orthoptique, les gouttes d’Inosine monophosphate pouvant être associées au traitement.
Un traitement ostéopathique structurel voire cranio sacré et parfois la thérapie réflexe pourront compléter la prise en charge.
CRITERES D’INCLUSION DEFINIS POUR L’ETUDE :
Hommes et femmes, y compris les femmes ménopausées quelque soit leur statut hormonal (THS)
RPG suivie par le patient pendant au moins deux mois
Douleurs rachidiennes supérieures à 3 mois
Douleurs inaugurales mais avec plus de deux capteurs déréglés.
SONT EXCLUS :
Les douleurs organiques post-traumatiques (documentées ou pas)
Les pathologies dégénératives osseuses ou néoplasiques
Les pathologies déminéralisantes (ostéomalacie, ostéoporose…)
Les enfants de moins de huit ans en raison de la non maturité reconnue du système postural *
SITE :
Les patients sont recrutés sur deux sites :
lors des consultations publiques de médecine manuelle et d’ostéopathie au CH de Bailleul ainsi que lors de mon activité libérale au cabinet à Lille.
Le recueil des données est fait sur papier et saisi dans EXCEL, lors de la consultation.
L’analyse des données a été effectuée par le Docteur KULIK médecin de santé publique spécialisé en informatique médicale.
Les tests statistiques :
Test t de Student pour les comparaisons de moyenne
Test de Chi-2 pour les proportions
Test de Wilcoxon et test U de Mann Whitney pour les variables non paramétriques (tests sur les rangs).
RESULTATS
Population :
Age : de 13 à 77 ans
Approche segmentaire
La RPG améliore-t-elle les douleurs dans la population étudiée ?
Etat des lieux au départ : score EVA moyen segmentaire de la douleur lors de la première séance
Le squelette axial constitue manifestement le point d’appel douloureux le plus intense (de 3.6 pour la tête à 6,7 pour la région lombaire).
Les douleurs périphériques (hanches, genoux, membres, et le reste du corps) semblant être moins intenses.
Evolution segmentaire du score EVA de la 1e à la 5e séance
On note que tous les segments douloureux le sont moins au fil des séances. Cette décroissance statistiquement significative (p<0,005) se fait conjointement sur tous les segments.
Par ailleurs, on se rend compte que le bénéfice de la RPG sur la douleur est quasiment maximal dès la 3e séance (au cours de la consultation du 4e mois).
En outre, dès la seconde séance (2e mois), on note déjà un bénéfice significatif sur tous les segments.
Le bénéfice acquis semble alors se maintenir dans la population de façon quasi linéaire jusqu’à la 5e séance (10e mois).
Tableau et graphique récapitulatifs de l’évolution segmentaire du score EVA moyen dans la population de la 1e à la 5e séance


Le sexe du patient influence-t-il cette évolution ?
On note que dès la première séance l’indice de la douleur est plus élevé globalement chez les femmes (36.3) que chez les hommes (31,3). Cette différence semble par ailleurs plus marquée au niveau du haut rachis (rachis cervical : 5,3 versus 3,7 et le crâne : 4,3 versus 2,5).
Tableau comparatif du score EVA segmentaire lors de la première séance dans les deux sexes
Par ailleurs, l’évolution globale des douleurs des femmes en RPG est similaire à celle de la population étudiée. En effet, le score EVA après avoir significativement chuté lors de la 2e séance (2e mois) se stabilise à partir de la 3e séance ( 4e mois) pour se maintenir au même niveau, alors que chez les hommes, le bénéfice de la RPG semble se poursuivre aux séances suivantes. Le nombre peu élevé d’hommes à la 5e séance ne permet hélas pas de tester statistiquement cette différence.
Graphique comparatif du score EVA global lors des cinq séances de RPG dans les deux sexes

L’âge du patient influence-t-il cette évolution ?
Non l’âge du patient ne serait pas une variable statistiquement influente dans cette étude.
La corpulence du patient influence-t-elle cette évolution ?
L’observation de la population en cours de RPG est faite ici en fonction de leur corpulence. L’indice de masse corporelle : BMI, qui tient en compte le poids et la taille, permet de les subdiviser arbitrairement en quatre groupes.
Le BMI moyen de la population étudiée est de 24,12 (min 17 et maxi 36). N=136.
75 femmes avec une moyenne de 23,72. déviation standard 4,04
61 hommes avec une moyenne de 24,61. déviation standard 2,94
La 1e et la 3e séance ont été choisies en raison du fait que la consultation du 4e mois semblait être celle qui donnait une orientation définitive des douleurs du patient lors de la RPG.
Tableau récapitulatif de l’évolution segmentaire du score EVA moyen de la 1e à la 3e séance en fonction du sexe

On note dans le groupe de patients au BMI supérieur à 30, et principalement chez les femmes, que les douleurs intéressent autant le squelette axial que périphérique. Les pics douloureux concernant particulièrement le rachis lombaire et les genoux, ce qui ne semble pas du tout le cas des patients avec un BMI inférieur à 30.
Comme on s’y attendait, ceci confirme bien le fait que la surcharge pondérale est un facteur aggravant sur les douleurs ostéo-articulaires de l’appareil locomoteur. En effet la comparaison avec le groupe de patients au BMI inférieur à 30 révèle dès le départ un indice EVA inférieur d’au moins deux points sur ces deux zones sensibles (lombes et genoux).
En revanche, le bénéfice tiré de la RPG semblerait quasiment identique par la suite quelque soit le BMI du patient. Les gonalgies par contre ne diminueraient qu’à moindre échelle chez les patientes obèses.
La RPG influe-t-elle sur la prise médicamenteuse ?
L’exploitation des données statistiques recueillies par le questionnaire ne permet pas à première vue une analyse aisée de l’influence de la RPG sur les variables telles que le confinement, les blocages, la mobilité, la prise de médicaments.
Un test sur les rangs effectué sur les données de la prise médicamenteuse permet en revanche de constater que sur une moyenne initiale d’un ordre de 8,53 lors de la première séance, cette valeur chute à la troisième séance à 3,33.
Ce qui signifierait donc que statistiquement, les patients initialement prennent pour leur douleurs un antalgique coté entre 8 et 9 (qui correspond globalement à la prise rare d’un AINS), et qu’à la troisième séance de RPG, ces derniers ne prendraient plus qu’un antalgique coté entre 3 et 4 (qui correspond à la prise fréquente de produits homéopathiques ou phytothérapiques). Cette différence est statistiquement significative.
DISCUSSION
Cette analyse bien que partielle, permet déjà à elle toute seule de montrer sur un groupe assez représentatif de la population souffrant fréquemment du dos, l’importance de l’association à la thérapie manuelle d’une prise en charge posturale globale.
Malgré certaines spécificités évolutives appartenant à certains groupes de population, l’action de la reprogrammation semble effective quelque soit le groupe de population étudiée.
D’autres variables telles que le confinement, la morbidité, ou d’autres groupes de population comme les scoliotiques, voire même une étude cas témoins devraient compléter ce panel d’études cliniques sur cette prise en charge multidisciplinaire du patient.
Docteur Simon-Pierre MALLONG
Médecin ostéopathe
15 rue Solferino
59000 Lille
mallong@club-internet.fr
Docteur Jean-François KULIK
DIM-CHRU de Lille
Avenue Oscar Lambret
59170 Lille
kulik@univ-lille2.fr
ANNEXES
 

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